Le sexe au filtre du consentement
En opposition au viol, un rapport sexuel consenti est paré de vertu morale. Avec un paradoxe : et si le mot "consentement" perpétuait une inégalité ?
« Je consens à faire l’amour avec toi. » Imaginons qu’une autrice ou un auteur à la page glisse la formule dans un dialogue, au cinéma ou dans un roman. Tournée ainsi, la phrase est impeccable : deux partenaires signent pour un moment d’intimité. Elle atteste que l’un n’abuse pas de l’autre, et vice-versa. Pourtant affleure un malaise. Comme si deux notions avaient du mal à s'imbriquer. Et si l’on consentait à ouvrir le dictionnaire ?
Robert sur les genoux, les amoureux des mots lisent que consentir à, c’est accepter qu’une chose se fasse. Mais avec un nuage d’incertitude : aussitôt après, Le Robert propose acquiescer comme synonyme. Il dit même : ne pas s’opposer. Or, « acquiescer à un rapport sexuel » ou « ne pas s’opposer à faire l’amour » font service minimum : la personne semble peu emballée à la perspective de rejoindre son partenaire au lit.
Ou alors, le mot consentir évoque une relation entre un supérieur et un subordonné. « Je consens à te faire un prêt de 2 000 € si tu t’engages à mesurer ton train de vie », pourrait dire un père en toisant son fils, puis en signant le chèque. À son tour, l’être désiré se hisse sur un piédestal puis consent (ou non) à satisfaire le besoin sexuel du prétendant. Sur nos genoux, Le Robert enfonce le clou : consentir que suivi du subjonctif signifie permettre ou admettre : « Je consens qu’une femme ait des clartés sur tout », convient Molière, mais il semble le dire à contrecœur.
Bref : que l’on prenne le mot consentir dans un sens ou dans un autre, il y a inégalité entre deux protagonistes, à la banque, sur scène, dans la chambre à coucher.
Consentir au féminin
Plaçons-nous un instant du côté des femmes : si Martine ou Khadija consent à faire l’amour avec son partenaire la morale est sauve, mais un bon vieux cliché est de retour. Madame aurait-elle un doute ? En tout cas, elle semble manquer d’enthousiasme. Peut-être va-t-elle rendre service à un homme dans le besoin, juste pour avoir la paix ? Au pire, ce ne serait qu’un moment ennuyeux à passer. Consentir : et le désir féminin est nié. Après l’habit de la mégère, puis celle de la sorcière, puis celle de la mère, la femme doit enfiler un nouveau costume : bon prince au féminin.
Et si Martine et Khadija ne consentent pas, alors elles remettent au goût du jour la devise « l'homme propose, la femme dispose ». Vu sous cet angle, le consentement fige le rôle de chacune et de chacun.
Alors des militantes se révoltent : dans les années 2020 il faut renverser la table. Après des millénaires de patriarcat, films et romans dits transgressifs mettent en scène des personnages féminins qui affichent leurs pulsions puis dictent leurs conditions. La dominatrice embrasse la foule puis fait le tri, acceptant telle ou tel dans son lit. Accepter ou consentir ? Peu importent les nuances : c’est elle qui décide à présent de la mise en scène. Au concours de la performance érotique, l’héroïne au XXIe siècle multiplie les partenaires. À Paris puis à Lyon elle dit « stop ou encore », l’amant du jour ignorant s’il rempile ou non le lendemain. Le consentement en version XXL fait du sexe l’étendard de relations inégales, multiples, éphémères, avec en filigrane une dose d'arrogance, une dose de marchandage. Consentir, c’est enchaîner les coups de reins. Consentir, est-ce régler un compte avec le masculin ?
La prochaine Emmanuelle
Pendant ce temps, hors des radars médiatiques, des femmes et des hommes s’aiment pour de vrai. Le sexe se fond alors dans quelque chose de beaucoup plus grand. Pour la première ou pour la millième fois, deux amants partagent de la chair et des mots. Ils ont le cœur battant. Ils ajoutent une note d’humour. Parfois il y a de la tension, mais l’ardeur à entretenir la beauté du lien rend compréhensif : après tout, la maladresse se décline au féminin comme au masculin. Et le consentement ?
Alors les femmes et les hommes qui s’aiment tournent les pages du dictionnaire.
En lieu et place de « rapports consentis », ils cherchent le juste mot.
Reprenons : deux partenaires ont envie de vivre un moment d’intimité. Qu’est-ce qui les anime ? Un désir. Soudain, deux visages s’éclairent : ce qu’ils s’apprêtent à vivre, ce n’est pas « un rapport consenti » mais « un rapport désiré ». Alors le nuage d’incertitude se dissipe. Aujourd'hui la joie a rendez-vous avec la délicatesse, la fougue, le respect, le plaisir. En amour, les femmes et les hommes qui se désirent passent à l'action dans une gourmande équité.
Quant au rapport sexuel non désiré, celle ou celui qui l'impose commet en droit pénal un crime ou un délit : fantasmer est légitime, en revanche tous les fantasmes ne sont pas faits pour être assouvis.
Et si le désir, le vrai, s’exprimait hors champ ? Tandis que romans, films, pétitions, tribunes, sondages dissertent sur le mot consentement, les rapports désirés ont lieu à minuit ou à midi, en goguette et en cachette. Si Emmanuelle désire en 2025, elle en fera son jardin secret.
Camille Canard
Julia Raynal et Rolando Rocha en danse contact improvisation.
La philosophe Manon Garcia voit dans l'acte sexuel consenti une « conversation des corps » où s'exprime chaque partenaire, avec des gestes et des mots. Cette conversation qui a pour trame le plaisir raconte une envie de l'autre, mais aussi une attention à l'autre, seconde par seconde, au cours de l’activité sexuelle.
La conversation dans un rapport sexuel est capitale dès que les tribunaux doivent statuer s’il y a eu viol ou non : le critère de l’intention sert de boussole. Ainsi, chaque protagoniste avait-il « l’intention » de faire l’amour, ceci de manière tangible, avec des signes concrets : paroles, gestes ?
Or les tribunaux ont tendance à reconnaître l’intention par défaut, même si l’un n’a pas manifesté de façon explicite son désir d’un rapport sexuel. D’où les relaxes dans les prétoires.
« Les tribunaux échouent à prendre en compte la façon dont les normes de genre empêchent les femmes d’exprimer leurs désirs et autorisent les hommes à ne pas s’en préoccuper, voire à sciemment les ignorer. » écrit Manon Garcia dans une tribune publiée le 12 décembre 2023 sur le site du Monde. Dit autrement : vu du tribunal, qui ne dit mot consent. Par exemple, la passivité, le manque d’enthousiasme, l'indécision ne sont pas considérés par le juge comme un non-consentement.
Face à un flou juridique, la philosophe souhaite que la Cour de cassation redéfinisse la contrainte dans un rapport sexuel. D'où le choix des mots : Manon Garcia propose d’inscrire dans le droit que tout rapport sexuel au sujet duquel il y a doute sur le consentement du partenaire constitue un crime ou un délit.
Si la Cour de cassation entend Manon Garcia, alors poussons le raisonnement : de tribunes en prétoires, le mot consentement peine à trancher s’il y a eu abus sexuel ou non. À l’inverse le désir, exprimé en mots et en gestes, avec de l’initiative chez la personne désirante, qualifie un rapport sexuel choisi et assumé. Conversons au lit, sous la douche, dans le pré : rapport désiré, rapport savouré ?
• Manon Garcia, philosophe et professeure de philosophie morale et politique à l’université libre de Berlin. Elle est l’autrice de La Conversation des sexes. Philosophie du consentement (Flammarion, 2021).
l'enjeu du consentement
En 2023, 168 000 personnes ont été victimes de viols ou tentatives de viol. 26 816 ont été enregistrées par la police, soit 16 % des faits. 1 117 condamnations ont été prononcées, soit 0,7 % des faits. 99,3 % des victimes et 95,8 % de celles qui se sont rendues dans un commissariat ou une gendarmerie ne verront pas leur agresseur condamné. Ces chiffres figurent dans un rapport parlementaire sur la définition pénale du viol : celui que deux députées, Véronique Riotton et Marie-Charlotte Garin, ont présenté le 21 janvier 2025.
Dans ses conclusions, le rapport préconise de définir le viol comme « un acte non consenti ».
Ce point de vue semble frappé au coin du bon sens.
Mais avant de sauter à la conclusion, mettons-nous un instant à la place du juge. Sur son bureau, un dossier : Claire accuse Bruno de l'avoir violée.
Si la loi définit le viol comme un acte non consenti, alors le juge doit chercher à savoir si Claire a consenti ou non à avoir un rapport sexuel avec Bruno. Dans ce cas, comment a-t-elle exprimé son consentement ou son absence de consentement ? Comment vérifier si Bruno s’est assuré que Claire était consentante ? Surtout, faudra-t-il que Claire justifie sa présence sur les lieux, son attitude, sa tenue, ses mots ?
À l’inverse, si la loi définit le viol comme un acte imposé par la contrainte, alors le juge doit chercher à savoir quelles pressions Bruno a fait peser sur Claire pour satisfaire son désir. Dans ce cas, de quels leviers dispose Bruno pour parvenir à ses fins ? Le jour des faits, comment s’y est-il pris ? Dans quel contexte ? A-t-il tenu compte des réactions de Claire ?
Dans le premier cas, l’instruction se focalise sur l’accusatrice. Dans le second cas, l’instruction se focalise sur l’accusé. Dès lors, la charge mentale repose sur l’un ou l’autre des protagonistes, au gré du législateur.
Voici trois documents pour nourrir le débat :
- Une synthèse sur la question publiée par Juliette Bénézit, journaliste au Monde.
- L’analyse de François Lavallière, magistrat
- Une tribune collective publiée dans les Pages Idées du Monde.
• Comprendre le débat sur l’introduction de la notion de consentement dans la définition pénale du viol. Article de Juliette Bénézit dans Le Monde du 28 novembre 2024.
Ajouter la notion de consentement pour qualifier puis condamner un viol ne fait pas l’unanimité, tant chez les mouvements féministes que chez les juristes. La journaliste du Monde rassemble les arguments des uns et des autres. Pour : dans la mesure où 70 % des femmes victimes de violence sexuelle sont en état de sidération au moment des faits - statistique suédoise -, il faut introduire la notion de consentement dans la loi pour vérifier si la personne a accepté ou non ce rapport sexuel. Contre : il reviendrait alors à la victime de se justifier (mots, attitude), alors qu’en droit c’est à l’accusé d’expliquer son geste.
En Suède, pays qui a ajouté la notion de consentement dans la loi en 2018, les résultats sont nets, écrit Juliette Bénézit : « Après l’entrée en vigueur [de la loi], le nombre de condamnations pour viol a augmenté de 75 %, passant de 190 en 2017 à 333 en 2019, selon une étude du Conseil national suédois pour la prévention de la criminalité. ». En revanche, une loi mal rédigée en Espagne en 2022 a abouti à un fiasco judiciaire.
La synthèse de Juliette Bénézit démontre que le mot consentement reste trop imprécis pour permettre au juge de trancher. La juriste et chercheuse Catherine Le Magueresse propose une autre formulation : « l’accord, librement exprimé, de son ou sa partenaire ». Le choix des mots sera décisif en cas de loi sur les abus sexuels votée en 2025.
• François Lavallière, magistrat : « J’ai prononcé des classements sans suite, alors que je croyais les femmes en face de moi ». Article de Juliette Bénézit publié dans Le Monde du 12 janvier 2025.
Dans cet article, le magistrat explique : « Telle que la loi est rédigée aujourd’hui, nous sommes, de fait, toutes et tous consentants à un acte sexuel, à chaque instant, dans n’importe quelles circonstances, avec n’importe qui, sauf à prouver des actes de violence, de contrainte, de menace ou de surprise. Notre droit est encore imprégné de cette idée de disponibilité du corps des femmes. »
Puis François Lavallière semble à son tour juger que consentement prête à confusion. Pour lui, consentir à un rapport sexuel implique « un accord volontaire, libre et éclairé ». Il précise les cas où il ne peut y avoir de consentement : s’il y a violence, menace, contrainte ou surprise, comme la loi le stipule déjà. Mais aussi si l’agresseur a usé de pressions : hiérarchiques, financières, psychologiques, par exemple. « Car céder n’est pas consentir » ajoute-t-il. Or ces cas ne figurent pas dans la loi actuelle.
Plus loin, le magistrat cite le droit canadien : respectueux des plaignants, il rend irrecevables les motifs que les accusés invoquent comme « J’ai cru qu’elle était d’accord parce qu’elle a accepté le rendez-vous », ou « parce qu’elle m’a suivi dans mon appartement », ou « parce qu’elle s’est déshabillée ». Pour François Lavallière, une femme qui a accepté d’enlever sa tenue, cela veut juste dire qu’elle était d’accord pour enlever sa tenue ; pas qu’elle était d’accord pour avoir un rapport sexuel.
Enfin, le magistrat appelle à revoir les méthodes des juges quand ceux-ci interrogent plaignants et accusés, exemples à l’appui. Il cite Robert Badinter : « La victime doit être traitée en justice avec l’humanité que sa souffrance appelle. »
Céder, consentir, donner son accord libre et éclairé : à l’évidence, le désir entre dans la troisième catégorie. Dans une future loi sur les violences sexuelles, les nuances de la langue française auront-elles le dernier mot ?
• « Inscrire le non-consentement dans la loi sur la définition du viol est au mieux inutile, au pire contre-productif ». Tribune collective publiée dans Le Monde du 17 février 2025.
Les pays qui ont inscrit le consentement dans la loi pour définir le viol se retrouvent aujourd’hui dans une impasse, alertent les signataires.
En Suède, pays pris en exemple par la journaliste Juliette Bénézit, il y a certes une hausse de 75 % des condamnations. Mais la définition précédente du viol était étroite : violence ou menace sur la victime. Surtout, la Suède a créé en 2018 le « viol par négligence ». Soit un crime de deuxième classe où il n’y a plus de contrainte sur autrui, juste un malentendu sur les intentions de chaque partenaire : d’où les 75 % de hausse. Au Canada, pays qui a mis le consentement dans la loi en 1992, seules 5 % des agressions sexuelles sont signalées à la police. C’est moins qu’en France : 16 %.
D’autre part, une loi sur le viol qui part de la question « a-t-elle consenti au rapport sexuel ? » fait peser une charge terrible sur la victime. Ainsi l’agresseur peut affirmer : « J’ai cru qu’elle était consentante ». Ou il peut renverser la culpabilité sur la victime : « Elle m’a aguiché », « Elle n’a pas refusé », « Elle ment pour se venger »…
Face à ces stratégies de défense où le consentement est vicié, le Conseil national des barreaux français a voulu (re)définir le viol sur le plan pénal. Dans son rapport publié le 15 mars 2024, il liste huit formes de coercition sur une victime :
- Vulnérabilité de la victime et dissymétrie des rapports de pouvoir : contrainte.
- Prise en compte du contexte professionnel et des rapports de domination antérieurs : contrainte.
- Exploitation de la faiblesse mentale : contrainte ou surprise.
- Soumission chimique : surprise.
- État de sidération : contrainte morale ou surprise.
- Emprise psychologique : contrainte morale.
- État alcoolisé : surprise.
- Dépendance économique : contrainte.
Ainsi la loi actuelle, en s'appuyant sur l'inventaire des actes coercitifs, a permis de condamner 51 hommes pour viol par surprise, dans l’affaire des viols de Mazan.
Bilan du Conseil national des barreaux français : dans les prétoires, « il existe une interprétation jurisprudentielle large de la violence, la menace, la contrainte ou la surprise, qui permet de prendre en compte toutes les situations [de viols]. »
Les autrices de la tribune en tirent une leçon : inscrire le non-consentement dans la loi « est au mieux inutile : il faudra toujours caractériser la violence, menace, contrainte ou surprise pour prouver le non-consentement. Au pire, cela est contre-productif : la justice se sentira encore plus encline à centrer les débats sur le consentement de la victime, au lieu de s’interroger sur la stratégie de l’agresseur. »
Pour aider les juges à mieux traiter les affaires de viol, une circulaire de politique pénale serait la bienvenue. Le document rappellerait toutes les formes de contraintes. Il résumerait ce que dit la science sur les mécanismes psychotraumatiques chez les victimes. Il expliquerait comment un faisceau d’indices peut caractériser un viol. Enfin, il rappellerait qu’un classement sans suite doit être argumenté.
Pour les autrices de la tribune, mettre le consentement dans une future loi sur le viol et les agressions sexuelles entérinerait une vision patriarcale de la sexualité : « l’homme propose, la femme accepte ou pas ». Or la sexualité, la vraie, repose sur deux piliers : la réciprocité du désir ; l’égalité dans la relation.
Dès l’année 1980, l’avocate féministe Gisèle Halimi avait flairé le piège du consentement : selon elle, un viol n’est pas un rapport sexuel non consenti. Un viol est un acte coercitif de violence.
• Le consentement défini par le dictionnaire Le Robert.
• Le mot consentement dans le domaine de la sexualité est utilisé, après l’affaire Weinstein en 2017 puis la vague #Metoo, pour désigner un rapport sexuel choisi par deux partenaires, en opposition au viol et à l’agression sexuelle.
• Le consentement dans le domaine des rapports sexuels a été popularisé par une vidéo, Tea consent, qui compare une requête sexuelle envers un partenaire et le fait de lui offrir le thé.
• Le mot consentement n’appartient pas au vocabulaire du droit pénal, ou seulement de manière indirecte : le journal Le Monde fait le point sur les notions de harcèlement, consentement, prescription, féminicide dans un article publié le 5 octobre 2022.
• Le Centre régional d’information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes consacre une page de son site au consentement. Voici la définition qu’il donne du consentement sexuel : « Le consentement sexuel, c’est l’accord qu’une personne donne à son ou sa partenaire pour participer à une activité sexuelle. Cet accord peut être donné par des paroles, des gestes, ou les deux. Le consentement doit être clair et respecté : il faut toujours s’assurer que son partenaire est consentant. »
• Comment faire entrer la notion de consentement en matière de viol dans le droit français ? interroge le site Slate dans un article signé Anne-Florence Salvetti-Lionne et publié le 18 mars 2024.
• Amnesty international pose une question pertinente : Comment s’assurer du consentement dans la pratique ? « Se taire ou ne pas dire non ne constitue pas un consentement. L'absence de résistance ou de vêtements n'équivaut pas non plus au consentement. Et le consentement ne signifie pas signer un contrat - il n'a pas besoin d'être exprimé par des mots - mais il doit être explicite. » Suivent « dix règles simples » pour appliquer le consentement.
• L’IFOP présente les résultats d’un sondage : Les Français et la notion de consentement dans la définition juridique d’un viol. Enquête menée auprès de 1009 personnes. Résultats publiés le 24 novembre 2023.
* Emmanuelle citée dans l’article est « l’héroïne » (?) de deux films érotiques, le premier sorti en 1974, le second en 2024. Le premier scénario mettait en scène une Emmanuelle soumise. Le second scénario met en scène une Emmanuelle dominatrice. À l’avenir, une troisième Emmanuelle nous offrira-t-elle le désir en version équitable ?
* Quelle est la plus belle scène d’amour au cinéma ? Au-delà du voyeurisme des réalisatrices et des réalisateurs d’aujourd’hui, au-delà des actrices et des acteurs tenus de se dévêtir puis de pousser des oh ! et des ah ! au lit, il faut peut-être remonter à l’année 1964 pour voir un rapport sexuel consenti, mais surtout un désir partagé ; le tout mis en scène avec tact. Le bonheur est un film d’Agnès Varda. La scène d’amour entre Marie-France Boyer (Emilie) et Jean-Claude Drouot (François) est un chef-d’œuvre de sensualité et de respect. À ce niveau de virtuosité dans l'usage de la caméra, le cinéma devient une caresse. À l'époque, le film fut interdit aux moins de 18 ans...
• Les sénateurs favorables à l'introduction de la notion de non-consentement dans la définition du viol. Article de Solène Cordier dans Le Monde du 19 juin 2025. Article publié après la mise en ligne de cette chronique.
* Photographie : Rolla, peinture d’Henri Gervex en 1878. Musée d’Orsay à Paris. Œuvre photographiée en 2022 au musée des beaux-arts de Bordeaux.


