Lydia, et puis s'en va
Que celles et ceux qui cherchent une Appli de paiement qui bugge tout le temps lèvent le doigt…
Au sein de notre famille de canards enchantés, quelques membres ont choisi de développer une activité professionnelle à leur compte. Ils aiment témoigner de leurs satisfactions et de leurs déconvenues.
Qui dit « entreprendre » dit vendre des produits ou des prestations en ligne. D'où la question : quel outil choisir pour sécuriser une transaction entre le micro-entrepreneur et son client ?
Les banques traditionnelles proposent des services onéreux : abonnement mensuel, commission… C’est pourquoi de jeunes pousses créent des services bancaires alternatifs, à des tarifs raisonnables.
Le 10 janvier 2016, l’hebdomadaire L’Obs fait le portrait d’une start-up française, Lydia. Celle-ci propose aux micro-entrepreneurs une Application dédiée, Lydia Pro. Le principe est le suivant : le vendeur envoie un lien par sms au client, lequel clique puis réalise son achat de manière aussi sécurisée que sur un site professionnel. Ou alors le client fait son achat tout seul sur le site du vendeur, avec les mêmes garanties de sécurité.
Youpi ! chante notre micro-entrepreneur, voilà la solution. Sauf qu’elle ou il s’aperçoit au fil du temps que lors des transactions, l’Application affiche un message d’erreur. Ou alors l’Appli fait du sur-place, comme si elle avait l’esprit ailleurs. Vendeur et client ont un moment de flottement.
Le client résolu à obtenir son produit ou sa prestation dit : « ok, il doit y avoir échec de la transaction ». Il renouvelle son opération… Et le lendemain, le voilà prélevé deux fois par Lydia ! Ha ha ha !
Le micro-entrepreneur, s’il veut garder la confiance de son client, n’a plus qu’à rembourser dare-dare celui-ci.
Or, pendant ce temps, Lydia a prélevé sa commission avant de virer le montant de la transaction au micro-entrepreneur. Si le prélèvement a lieu deux fois pour le même achat, Lydia encaisse deux fois la commission. 2 % + 2 % = 4 %.
Le micro-entrepreneur se tourne alors vers Lydia pour obtenir la restitution de la commission indûment prélevée. Il cherche le service clients… et se casse les dents : Lydia l’a tout simplement supprimé ! La hotline : disparu. Prière d’envoyer un mail, avec un délai de réponse d’environ un mois. Quand la réponse arrive, Lydia exige la capture d’écran du message d’erreur. Quel client aurait l’idée saugrenue de faire une capture d’écran d’un message d’erreur qui apparaît quelques secondes sur son smartphone, pour ensuite l’envoyer par mms au vendeur ?
Précision : la commission affichée par Lydia est officiellement de 1,5 % + 10 centimes par opération. Dans les faits, elle est proche des 2 %. L’un de nos petits canards a réalisé une vente de 100 euros. Et c’est ainsi qu’il l’a découvert par hasard.
Moralité de l’histoire : rien ne sert de faire du patriotisme économique en confiant ses transactions numériques à une start-up française. Il existe, hors des banques traditionnelles, des opérateurs étrangers qui font très bien le boulot. Nous n’en ferons pas la publicité ici, puisque tel n’est pas l’objet de ce Blog. Selon notre expérience, le micro-entrepreneur qui cherche une solution de paiement fiable et à prix modéré a intérêt à traverser la frontière (et parfois l’océan) pour trouver réponse à son besoin.
Et il paraît que la France a un train de retard dans le numérique ?
PS : nous avons envoyé une lettre au PDG de Lydia pour lui signaler, exemples à l’appui, les bugs de son Appli. Réponse : pas de réponse. Chez Lydia, le silence est d’or !
Dominique Canard
• Lire le publi-reportage de Claude Soula paru dans L’Obs sur Lydia : article paru le 10 janvier 2016.
• Beaucoup, beaucoup d'articles citent Lydia dans le journal Le Monde. Avec citation de son patron. Dernier en date : Banques en ligne, comment elles sont devenues incontournables. Article d'Agnès Lambert dans Le Monde du 15 juin 2026. Article publié après la mise en ligne de cette chronique.
• Photographie : « Allô, le service clients ? ». Sculpture sur un canal à Gand (Belgique).


