Murs murs entre femmes du Monde
En huit mois et dix articles, la rédaction du Monde déroule un récit : « Entre femmes et hommes, c'est fini. » Séparatisme ? Les femmes vues à travers le filtre d'un média.
Elles s’appellent Maylis, Caroline ou Emma. Elles habitent à Paris, Rennes ou Strasbourg. Elles sont avocates, universitaires ou médecins. Elles se confient à une journaliste du Monde : l’une décide que « c’est terminé avec les hommes » ; l’autre fait la grève du sexe ; la plus jeune choisit l’amour libre. Toutes figurent dans une série de dix articles que Le Monde publie entre le 22 février et le 12 octobre 2025. « Nous on essaie de changer les choses, on consulte une psy, on se remet en question, soupire Paula. Eux ne font pas d’efforts. » Pourquoi une salve d’articles qui épousent le même sujet ?
Parce que le 22 janvier 2025, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes publie un rapport sur l’état du sexisme en France. Bérangère Couillard, sa présidente, résume l’enjeu : « Les femmes sont plus féministes, les hommes plus masculinistes, surtout les jeunes. » Ainsi, 90 % des femmes de 18 à 34 ans pensent qu’il est plus difficile d’être une femme en France. En outre, 86 % déclarent avoir vécu une situation à caractère sexiste : de la mauvaise blague à la pression pour un rapport sexuel, en passant par les brutalités physiques. Enfin les femmes hésitent de plus en plus à avoir un enfant : crainte que le conjoint ne leur fasse faux bond.
Les femmes ont la parole
Face à ce que des sociologues nomment « la polarisation des genres », la rédaction du Monde donne la parole aux femmes. 22 février 2025 : Claudine, fonctionnaire de 54 ans, divorce après vingt-cinq ans de vie commune. Elle découvre que son mari a une relation extraconjugale. « Cela m’a détruite, confie-t-elle. Je n’avais jamais soupçonné de liaisons de sa part. J’ai été en dépression pendant deux ans. » 4 avril 2025 : Julia, vidéaste de 26 ans, se sépare de son compagnon avec lequel elle vit depuis cinq ans pour vivre dans une colocation 100 % féminine « parce que c’est mille fois plus fort, mais aussi beaucoup plus simple. » Elle ajoute que son conjoint peine à se détacher de l’idéal d’un couple traditionnel. 24 mai 2025 : Sarah est de gauche, Marc de droite. Malgré leurs différences, ils vivent ensemble jusqu’au jour où la première s’absente : elle fait la promotion de son livre. Dès lors le second consulte des vidéos masculinistes, devient jaloux, puis la harcèle. Même récit chez Alba et Benjamin : celui-ci exige que sa compagne travaille à temps partiel pour élever leurs futurs enfants. Il investit dans les cryptomonnaies pour acheter leur future maison. Alba n’a d’autre choix que de le quitter pour éviter son emprise.
À partir de l’été, les choses s’accélèrent. 5 août 2025 : Allison, 21 ans, danse avec une chemise nouée au-dessus du nombril et une courte jupe à carreaux. « En temps normal, je n’oserais pas venir en soirée avec le ventre si découvert », confie-t-elle. Idem pour Jervi, 22 ans, qui porte une minijupe noire. Toutes deux sont devenues des « bringueuses » : elles participent à des soirées en boîtes réservées aux femmes. « D’habitude on doit garder des pantalons qui collent à la peau, ou alors des collants sous la jupe, témoigne la seconde qui fait la fête à Toulouse. Ça paraît un détail, mais j’ai déjà tellement moins chaud. On ne se fera pas frotter par des mecs toutes les cinq minutes. » 10 septembre 2025 : Maylis, 28 ans, designer dans le numérique, se montre lucide sur son budget : « Le monde étant ce qu’il est, je ne gagnerai jamais autant que mon conjoint. J’ai beau avoir envie d’égalité, je finis par me faire avoir si on ne parle pas d’argent. » 20 septembre 2025 : Céline accepte des relations sexuelles car son mari en réclame, alors qu’au fond elle ne le souhaite pas. « Je ne voulais pas qu’il soit frustré ou qu’il boude », s’excuse-t-elle auprès de la journaliste.
Bannir les hommes
À l’automne, les mots se cabrent dans le Monde. 4 octobre 2025 : après bien des déceptions, Catherine, 58 ans, opte pour la grève du sexe et la sobriété sentimentale. Elle constate que « les hommes sont moins enclins que les femmes à travailler sur eux pour que le couple s’équilibre. Renouer une relation amoureuse me donnerait l’impression d’avoir un enfant à charge plus que de filer une idylle. » 12 octobre 2025 : « C’est terminé avec les hommes », titre le journal. Paula, 31 ans, est journaliste parisienne. Elle sort « vidée » d'une histoire de deux ans. Elle découvre que ses amies sont elles aussi éprouvées par leurs conjoints. Toutes constatent qu’un « fossé » se creuse entre les femmes et les hommes. Comme Flora et Mathilde, Paula essaie une relation amoureuse avec une femme. Le Monde précise : deux hashtags, #BoySober et #SelfPartnered, rassemblent les femmes qui prennent leurs distances avec les hommes, lesquels sont dépeints comme « rustres » ou « émotionnellement absents. »
Mais il faut attendre le 26 mai 2026 pour avoir le mot de la fin. Mélanie Gourarier est anthropologue, Laura Verquere maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication. Elles publient En finir avec l’homme nouveau. Critique des masculinités modernes aux éditions La Déferlante. À leurs yeux, peu importe que l’homme soit viriliste, sensible, ou autre chose : il perpétue le patriarcat. Ainsi Norbert, Alain et Patrick ont beau dialoguer avec leur compagne, assumer leur part dans les tâches ménagères, adhérer aux thèses féministes, ils restent « en position de domination politique, économique et sociale. » Pire, ils se montrent hypocrites « en se présentant comme l’incarnation du progrès. » En réalité, « ils nous proposent un avenir avec des codes pensés par et pour les hommes. » Leur « masculinité hégémonique » est le fait d’ « hommes blancs, souvent urbains, financièrement aisés et occupant des professions valorisées. »
Les deux autrices invitent alors les femmes à entrer en guerre contre les hommes : « Nous promouvons des batailles menées sur le temps long », avec « d’autres représentations (…) que la marche en avant ou la réussite individuelle. »
Sociologues et sexologues
Recueillis à Rennes ou à Paris, les témoignages de femmes en souffrance font réagir sociologues et sexologues. Ainsi Alice Apostoly, codirectrice de l’Institut du genre en géopolitique, n’aime guère la formule polarisation des genres : « Je trouve dangereux d’utiliser ce terme, expose-t-elle dans le Monde. Ce ne sont pas deux extrêmes qui créent une fracture, mais la radicalisation des jeunes hommes. On ne peut pas mettre sur le même plan les féministes, qui militent pour leur sécurité et l’égalité des droits, et les masculinistes, qui veulent les dominer. » Dans un autre article du Monde, Ilana Eloit, professeure en études de genre, pense que « #Metoo pousse les femmes à interroger la contrainte que peut être l’hétérosexualité. » Puis Sophie Lewis, chercheuse germano-britannique, décrit les « hétérofatalistes » : des femmes qui aimeraient ne plus être attirées par les hommes, mais ne sont pas prêtes pour autant à se battre pour que ça change. Résultat : elles sont comme « plongées dans un deuil collectif. » Elles ressentent une « misandrie anti-utopique. » À son tour, la réalisatrice et autrice Ovidie est interrogée dans deux articles du Monde : « Les hommes couchent mal, énonce-t-elle. Ils commencent par l’érection et clôturent avec l’éjaculation. Le plaisir féminin est en bas de leur pile de priorités. Comme si c’était une option négligeable. »
Au fil de la série, le Monde brosse le portrait type de la femme au milieu des années 2020 : elle fait face à des hommes de plus en plus virilistes ; en couple, elle y perd sur le plan financier ; elle se force quand le conjoint veut faire l’amour ; elle cherche un modèle alternatif en voyant un autre homme, en essayant avec une femme, ou les deux ; et si rien ne marche, elle organise sa vie privée loin des hommes.
Un budget pour un amant
Ainsi se dessine, sur le site du Monde, une société où les femmes et les hommes divergent sur tous les plans de la vie. Faudra-t-il bientôt rétablir les écoles de filles et les écoles de garçons ? Faudra-t-il créer les trottoirs pour dames et les trottoirs pour messieurs ? Le récit séparatiste du Monde oppose en tout cas bourreaux et victimes.
Au même moment, l’autrice Isabelle Clair mène l’enquête auprès des adolescents. Dans Les choses sérieuses, elle écrit : le couple reste la forme relationnelle dominante et très valorisée chez les jeunes. Les pieds sur terre, Emmanuelle Santelli, sociologue au CNRS, note : « Pour se priver du schéma classique du couple, il faut en avoir les moyens. » Car toutes les femmes n’ont pas le salaire pour sauter dans un TGV puis passer deux nuits à l’hôtel avec un amant. Et que dire des métiers à horaires décalés, des longs trajets en voiture, des logements trop petits, des enfants dont les besoins grandissent avec l’âge ? Face au réel, Emma et Noémie dans le Monde prennent soudain une autre dimension. Elles habitent à Paris ou en Bretagne. Elles sont cadres commerciales ou dentistes. Et si elles vivent dans le sud, c’est uniquement à Marseille et à Toulouse. Les femmes du Monde vivent dans un quart de France, le regard tourné vers l’Ouest, cap sur l’océan Atlantique. Mais à Guéret ?
Faire le ouin ouin
Car on a beau remonter le temps avec le Monde, puis lire Le désert du désir dans le couple : elle n’en a plus envie, même si c’était avec Brad Pitt (10 février 2024), les figures du séparatisme se nomment Julie (cadre à Paris), Maylis (designeuse dans le numérique), Léa (entrepreneuse dans le domaine du chanvre à Saint-Brieuc), Margot (directrice du marketing à Paris), Manon (étudiante en sociologie à Sciences Po), et enfin Flore de Strasbourg qui témoigne : « Sur la route des vacances, j’ai voulu faire écouter à mon conjoint un podcast féministe. En voiture, il soupire. Arrivé à destination il claque la porte, ulcéré. D’après lui, ce podcast se résume à dire que les hommes sont des méchants, que tout est cliché et voit le mal partout. Une fois qu’il a fini de faire le ouin ouin (1), je lui dis que, pour moi, ce podcast est génial parce qu’il permet à des milliers de femmes de comprendre que leur situation n’est pas isolée, n’est pas normale, et qu’elles n’ont pas à se contenter d’une relation médiocre. »
En revanche on ne trouve ni Patricia (boulangère à Vic-sur-Cère), ni Lydie (aide-soignante à Pont-Saint-Esprit), ni Chloé (technicienne de surface à Paray-le-Monial), ni Fanny (au chômage à Mirecourt) dans la série du Monde. Or que pensent Patricia, Lydie, Chloé et Fanny des hommes ? Si elles sont en couple, comment ça se passe ? Écoutent-elles des podcasts féministes ? Ont-elles une amante ou un amant ? Que font-elles de leur argent ? Quelle idée se font-elles de la vie en couple ? Où se situent-elles sur le plan politique ? Nous ne le saurons pas : la rédaction limite ses interviews à Paris et ses abords, traçant une ligne invisible au sud de Grenoble. Comme si le Sud de la France devenait infréquentable, sauf à Marseille et à Toulouse (2). Certains chercheurs y verraient un « biais cognitif de confirmation » : les journalistes s’appuient sur le même réseau, puis se forgent la même opinion. Alors les articles vont crescendo, jusqu’à porter l’estocade le 26 mai 2026. À moins que la rédaction ne soit victime d’un « complexe de supériorité sociale » : imposer son récit en usant de son statut, dans un continuum de violences verbales qui mènent à la rupture (3).
Journalisme sélectif
Alors un doute s’insinue dans nos neurones : à leur insu, les journalistes du Monde auraient-elles fait le tri en cantonnant leurs interviews à Paris et Rennes, puis en ne retenant que les cas qui leur agréent ? De la cadre supérieure à l’universitaire, les témoins appartiennent aux CSP+ : catégories socioprofessionnelles supérieures. Peu à peu le journalisme épouse le marketing : le Monde publie des articles qui flattent ses lecteurs - surtout ses lectrices. Le média donne la parole aux jeunes femmes, mais pas à toutes : celles qui étudient le droit ou le japonais. Or l’avenir d’un journal repose sur ses futurs lecteurs et clients.
En revanche, aucune journaliste du Monde ne relève un chiffre qui figure pourtant dans le rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes - baromètre sexisme de novembre 2024 : prévention et lutte contre le sexisme sont jugées comme deux actions importantes à mener pour 77 % Françaises et des Français (dont 30 % « tout à fait important »). Cette importance est partagée par une majorité de femmes (80 %) et d’hommes (72 %). Problème : la différence entre les femmes et les hommes passe de 8 à 13 points chez les 15-24 ans (4).
Course de radicalités
Et si la rédaction du Monde était passée à côté d’une information ? Il se pourrait que, noyés sous les vidéos de Tik-Tok et YouTube, les plus jeunes subissent un lavage du cerveau. Car des algorithmes situés aux Etats-Unis, pays chrétien et conservateur, dressent une muraille entre filles (les douces) et garçons (les durs). Le tout sous le regard impuissant des professeurs et des parents. À la fin, qui manipule qui ? Quand les intégristes d’extrême droite mènent le récit, le Monde leur fait la courte échelle par un féminisme qui met un genre à l’index, puis qui érige un mur entre les deux.
Au passage, les rédacteurs du Monde enjambent deux questions : la tentation de dominer autrui est-elle par essence masculine ? Les femmes ont-elles le pouvoir de dominer autrui, et si oui, comment ? Violences, paradoxes et turpitudes de l’esprit restent en friche dans le média aux 500 journalistes.
Un jour, lira-t-on des témoignages d’hommes dans le Monde ? Les rares prises de parole masculines sont celles de banquiers ou de consultants. Ils ont un point commun : ce sont des virilistes convaincus. Or il doit bien y avoir, à la Canourgue ou à Péronne, des Hugues et des Thomas qui ont à dire sur leurs épouses. Sans sociologues ni sexologues pour les cornaquer, ils oscillent peut-être entre sentimentalité, reproches, pulsions et désarroi.
Pendant que la troisième classe fait le gros dos, à Paris la crème des journalistes lui tourne le dos.
Salwa et David Canard
(1) « Faire le ouin ouin » : on ne peut guère faire plus maternel et infantilisant que cette formule.
(2) Il y a aussi une limite nord dans le Monde : aucune ville au nord de Paris n’est citée en dix articles, sauf Lille et sa métropole et un bout de Normandie.
(3) Même par écrit, la gifle ne semble plus très loin.
(4) Si on regarde le verre à moitié vide, il est inquiétant que 20 % des femmes et 28 % des hommes - une minorité qui pèse un quart de la population - jugent que le sexisme en France est un sujet secondaire, voire inexistant.
16 articles du Monde
ont nourri cette chronique :
• Comment nos vies amoureuses sont devenues un champ de bataille politique. Article de Lorraine de Foucher dans Le Monde du 30 octobre 2021, modifié le 16 mai 2022.
• Le désert du désir dans le couple : elle n’a plus aucune envie, “même si c’était avec Brad Pitt”, dit-elle. Article de Maroussia Dubreuil dans Le Monde du 10 février 2024.
• Pour sauver leur couple, ils ont choisi l’amour libre : « Nous voulions expérimenter, sans nous quitter. » Article d’Anne Chirol dans Le Monde du 25 février 2024.
• Fréquence des rapports sexuels : « Quand je dis qu’on fait très peu l’amour et que ça va bien dans notre couple, cela aide les autres à se confier. » Article de Tiphaine Thuillier dans Le Monde du 13 novembre 2024.
• Les « divorces gris » : ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants, puis se séparèrent à l’âge d’être grands-parents. Article de Wassila Belhacine dans Le Monde du 22 février 2025.
• « Ne pas se noyer dans le couple » : les jeunes femmes privilégiées en quête de modèles alternatifs aux relations traditionnelles. Article de Victoire Radenne dans Le Monde du 4 avril 2025.
• « Un mec comme lui, sombrer là-dedans ? Aussi vite ? » Comment les comptes masculinistes ont tué leur couple. Article de Laure Coromines dans Le Monde du 24 mai 2025.
• « En temps normal, je n’oserais pas venir avec le ventre si ouvert » : entre femmes, des soirées plus libérées. Article d’Alice Raybaud dans Le Monde du 5 août 2025.
• Féministe, le pacs ? Comment le pacte civil de solidarité contribue à réinventer le couple. Article d’Iris Derœux et Léa Prati dans Le Monde du 9 août 2025.
• « Faire 50/50 est une arnaque absolue et bien loin d’un geste égalitaire » : l’épineuse question de l’argent et de la répartition des dépenses dans le couple. Article d’Alice Raybaud dans Le Monde du 10 septembre 2025.
• L’ « hétérofatalisme », ou la fin de l’optimisme amoureux des femmes hétérosexuelles. Article d’Anne-Toscane Viudes dans Le Monde du 8 octobre 2025.
• Sexe dans le couple : pourquoi les femmes se forcent encore. Article de Tiphaine Thuiller dans Le Monde du 20 septembre 2025.
• « C’était la meilleure décision de ma vie » : ces femmes tentées par la grève du sexe et la sobriété sentimentale. Article d’Antonin Gratien dans Le Monde du 4 octobre 2025. C’est le seul article de la série dont la signature est celle d’un homme.
• « C’est terminé à 100 % avec les hommes » : ces jeunes femmes hétéros qui tentent l’amour au féminin. Article d’Audrey Parmentier dans Le Monde du 12 octobre 2025.
• Mélanie Gourarier, anthropologue : « Sous le couvert de la nouveauté et de la déconstruction, le patriarcat ne fait que se réinventer. » Propos recueillis par Anne-Toscane Viudes dans Le Monde du 25 mai 2026.
• « Si t’as rien à cacher, tu donnes ta loc » : la géolocalisation dans le couple, une pratique qui se banalise chez les jeunes. Article de Gabrielle Meulle dans Le Monde du 30 mai 2026.
• Les femmes du Monde reprochent aussi aux hommes de ne pas savoir pleurer : Pourquoi les hommes ne pleurent (toujours) pas. Article de Marie-Joëlle Gros dans Le Monde du 6 juin 2026.
Dans cet article on croise Adrien (lycéen en Haute-Savoie), Baptiste (charpentier près de Saint-Étienne), David (garçon coiffeur à Paris), Derk (architecte qui éprouve des « émotions esthétiques »).
Parmi les leçons et reproches, on lit : « Il faudrait déjà que les hommes aient accès à leurs émotions », « Non seulement les garçons ne pleurent pas, mais ils ne parviennent pas à se mettre à la place de quelqu’un d’autre », « Tu ne vas pas pleurnicher ! Tu n’es pas une fille ! Tu n’es pas un pédé ! » Sans omettre un marronnier dans Le Monde : « C’est ce fameux patriarcat qui leur impose de sauver la face en public ». Fameux, en effet.
• Chaque mois, Le Monde publie la chronique sexuelle de Maïa Mazaurette. Celle du 7 juin 2026 a pour titre : « Désir des femmes, un problème d’hommes ? » La chronique se conclut ainsi : « Vous savez quoi ? Les femmes ont tout essayé. Vraiment. Avec de la bonne volonté. Et ça ne marche pas. Le jour où notre société voudra sérieusement résoudre l’asymétrie du désir, ce sont les hommes qui devront se remettre en question. »
« Sois un homme pour une fois ! »
« Ce n’est pas comme ça qu’on étend le linge ! »
« Alors chéri, tu as une défaillance ce soir ? »
« Pense à réparer le robinet qui fuit dans la salle de bains ! »
« Va le punir, après tout c’est toi le père ! »
* Photographie : en 2026, des femmes et des hommes continuent à s'aimer. À la lecture du Monde, on finirait par en douter.


